collectif des étudiants de Galois et leurs amis

informations sur le collectif ; retour d'expériences relatifs à l'accompagnement juridique des étudiants en exil ; combat politique du collectif ; caisse solidaire pour le transport...

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La lutte contre la procédure Dublin - enfer policier et bureaucratique

A partir de janvier 2017, de nombreux étudiants en exil inscrits à l’Université de Lille, ont rejoint le Collectif, et notamment nombre d'étudiant·e.s tombant sous le coup des accords de Dublin ou débouté·es du droit d'asile qui sont encore plus exposé.e.s que les précédent.e.s et en très grande difficulté. Nous avons alors mené une campagne auprès de la Préfecture pour obtenir leur bascule en procédure normale et pour l’obtention d’un titre de séjour pour tous (pétition, conférence de presse, articles dans divers média). La Préfecture n’a pas accédé à nos revendications mais, nous sommes parvenus à éviter provisoirement la persécution systématique des personnes dites “en fuite”. Leur situation est désormais connue et nombre de soutiens, collègues et étudiants ainsi que certains doyens se portent à leurs côtés. En particulier, le Collectif s’était battu avec succès, en août 2018, pour empêcher l’expulsion vers l’Italie de deux étudiants à quelques jours de la rentrée universitaire. Le Collectif Galois a pris acte des difficultés matérielles constantes de ses membres étudiants, lorsque ceux-ci perdent les maigres aides aux demandeurs d’asile (ADA) dont ils bénéficiaient. Depuis, au fil des accompagnements juridiques et des témoignages, le Collectif Galois a constaté la fermeture progressive de la politique d’accueil et d’asile en France qui fait systématiquement régner le soupçon sur le récit des demandeurs et aboutit trop souvent à des rejets et des obligations de quitter le territoire. Et ce quand le statut de Dublin - sous lequel sont placés de nombreux demandeurs d’asile - n’interdit pas purement et simplement le dépôt d’une demande d’asile en France, imposant que celle-ci soit effectuée dans le premier pays de l’Union Européenne où ont été prises les empreintes.

Interview : comment la procédure Dublin détruit la vie et les projets des lycéens et étudiant·e·s \\

réalisée pour une émission sur Radio Campus durant une marche vers le CRA de Lesquin en 2018 : à écouter ici :
https://soundcloud.com/user-950950568/interview-sur-les-consequences-nefastes-de-la-procedure-dublin

Depuis cette interview, l’Italie de Salvini, qui avait fermé ses frontières, puis la France ont considérablement augmenté ses forces policières et technologiques (hélicoptères, drônes) à la frontière des Alpes. Les réfugié·es doivent alors tenter à leur risque et péril la traversée du détroit de Gibraltar vers l’Espagne. Depuis l’arrivée du gouvernement Macron, puis en 2019 la nouvelle loi Asile et Immigration, la situation s’est considérablement durcie et toutes les personnes en procédure Dublin sont systématiquement arrêté·es (lors de leur convocation en préfecture ou lors d’un contrôle) et sont expulsé·es vers l'Espagne et ou l'Italie (ou le pays de prise d'empreintes) . Le Collectif s’est mobilisé contre les nombreuses arrestations des étudiants dans les locaux de la préfecture et dans les transports en commun de la MEL (métro, bus inter région).

Lettre ouverte des étudiant.es dubliné.es

STOP DUBLIN

Nous sommes des étudiants exilés inscrits dans les différentes facultés de Lille sur ses 3 campus : Cité scientifique, Pont de bois et Moulins.
Notre demande d’asile a été enregistrée par la Préfecture en procédure Dublin, ce qui nous met dans une situation extrêmement difficile : L’Etat français veut nous renvoyer dans le pays européen où nous avons été enregistrés (souvent de force et sans aucune solution pour déposer une demande d’asile). Nous sommes donc expulsés vers l'Espagne ou l'Italie qui refuseront notre demande d'asile et où nous ne pourrons pas étudier ni refaire notre vie.
En attendant nous sommes souvent assignés à résidence, c’est-à-dire que nous devons nous rendre deux fois par semaine au commissariat (Police de l’Air et des Frontières) pour signature, contrainte qui dure souvent plus d'une demi-journée (et donc nous manquons les cours) Ensuite, après avoir signé pendant 45 jours, nous sommes maintenant sous le coup d’un arrêté de transfert vers l’autre pays européen (L'espagne ou l’Italie en général),
Au bout de 6 mois notre allocation ADA (demandeur d’asile) est supprimée et nous n’avons pas de logement, ni repas, ni titres de transport.
Nous n’avons pas le droit de travailler donc sommes dans l'impossibilité de trouver une entreprise pour un stage (obligatoire pour nos diplômes)
ou un travail saisonnier Nous attirons votre attention sur notre situation qui n’est pas connue.
Nous sommes titulaires d’une carte d’étudiant, nous suivons les cours et passons les examens.
Etudier est un droit, aussi nous demandons de façon collective votre aide pour faire connaître notre situation et défendre nos droits, interpeler la préfecture pour passer nos demandes d’asile en procédure normale, et donc pouvoir continuer nos études, obtenir une bourse et nous insérer dans les dispositifs du Crous afin de disposer d’un logement.
Les étudiantes et étudiants dubliné-es, collectivement

non_a_dublin.txt · Dernière modification: 2020/05/08 19:06 par anquez