collectif des étudiants de Galois et leurs amis

informations sur le collectif ; retour d'expériences relatifs à l'accompagnement juridique des étudiants en exil ; combat politique du collectif ; caisse solidaire pour le transport...

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Le Collectif des étudiants de Galois et leurs amis, nommé aussi « Collectif Galois », est constitué d’étudiants, en exil ou non, d’enseignants, et de personnes soutiens actifs n’appartenant pas au monde académique.

Il se réunit de manière hebdomadaire pour discuter des enjeux de l’asile, de l’exil, de l’orientation à l’université, de la politique de la Préfecture ou du gouvernement et surtout, pour y faire face.

Pour en faire partie, il suffit d’assister régulièrement aux réunions, de contribuer aux débats en donnant son avis et de participer aux actions proposées par le Collectif.

Certains membres du Collectif sont également en mesure d’accompagner la mise en récit individuelle des demandes d’asile pour l’OFPRA (Office Français pour les Réfugiés et les Apatrides) et les recours devant la CNDA (Cour Nationale du Droit d’Asile).

Le collectif a été créé en janvier 2017, suite au démantèlement de la “Jungle de Calais”, à l'occasion de l'arrivée à l’Université de Lille d'étudiants en exil dans le cadre du programme PILOT. Ce programme a été créé conjointement par les Universités Lille1, 2 et 3 (non fusionnées à l’époque), la Préfecture et la société ADOMA (ex Sonacotra). le Collectif doit son nom au fait que ces étudiants étaient logés dans la résidence Galois C, pourtant jusque-là vide et fermée pour insalubrité. C’est dans cette résidence que se sont tenues premières réunions jusqu’à la fermeture du lieu pour travaux en octobre 2019.

Le Collectif a fourni, dans un premier temps, un accompagnement juridique (OFPRA et CNDA) aux étudiants qui venaient de Calais et souhaitaient apprendre le français et reprendre des études. Il continue à fournir cet accompagnement ainsi que des réunions d’information sur la demande d’asile. Ces actions ont également porté sur le logement, son caractère ségréguant, l’état des chambres, l’absence de cuisine dans cette résidence, etc. Au fil du temps, les questions portées par notre groupe de bénévoles et militants se sont élargies et nous avons pris conscience de la difficulté d'un accueil correct et autorisant des études véritables pour ces étudiants.

Le combat contre la procédure Dublin, enfer policier et bureaucratique

A partir de janvier 2018, de nombreux étudiants en exil qui n’étaient pas dans le programme PILOT mais pourtant inscrits à l’Université, ont rejoint le Collectif, et notamment nombre d'étudiant·e.s tombant sous le coup des accords de Dublin ou débouté·es du droit d'asile qui sont encore plus exposé.e.s que les précédent.e.s et en très grande difficulté.

Nous avons alors mené une campagne auprès de la Préfecture pour obtenir leur bascule en procédure normale et pour l’obtention d’un titre de séjour pour tous (pétition, conférence de presse, articles dans divers média). La Préfecture n’a pas accédé à nos revendications mais, nous sommes parvenus à éviter provisoirement la persécution systématique des personnes dites “en fuite”. Leur situation est désormais connue et nombre de soutiens, collègues et étudiants ainsi que certains doyens se portent à leurs côtés. En particulier, le Collectif s’est battu avec succès, en août 2018, pour empêcher l’expulsion vers l’Italie de 2 deux étudiants à quelques jours de la rentrée universitaire.

Le Collectif Galois a pris acte des difficultés matérielles constantes de ses membres étudiants, lorsque ceux-ci perdent les maigres aides aux demandeurs d’asile (ADA) dont ils bénéficiaient. Au fil des accompagnements juridiques et des témoignages, le Collectif a aussi constaté la fermeture progressive de la politique d’accueil et d’asile en France qui fait systématiquement régner le soupçon sur le récit des demandeurs et aboutit trop souvent à des rejets et des obligations de quitter le territoire. Et ce quand le statut de Dublin - sous lequel sont placés de nombreux demandeurs d’asile - n’interdit pas purement et simplement le dépôt d’une demande d’asile en France, imposant que celle-ci soit effectuée dans le premier pays de l’Union Européenne où ont été prises les empreintes.

Le résultat de cette politique est que les étudiants poursuivent leurs études avec une épée de Damoclès sur la tête : le risque de voir interrompre leur projet d’étude et de vie en France par un rejet puis une expulsion.

Interview à écouter ici : https://soundcloud.com/user-950950568/interview-sur-les-consequences-nefastes-de-la-procedure-dublin

Depuis cette interview, l’Italie de Salvini, qui avait fermé ses frontières, puis la France ont considérablement augmenté ses forces policières et technologiques (hélicoptères, drônes) à la frontière des Alpes. Les réfugié·es doivent alors tenter à leur risque et péril la traversée du détroit de Gibraltar vers l’Espagne.

Depuis l’arrivée du gouvernement Macron, puis en 2019 la nouvelle loi Asile et Immigration, la situation s’est considérablement durcie et toutes les personnes en procédure Dublin sont systématiquement arrêté·es (lors de leur convocation en préfecture ou lors d’un contrôle) et sont expulsé·es vers l'Espagne et ou l'Italie. Le Collectif s’est mobilisé contre les nombreuses arrestations des étudiants dans les locaux de la préfecture et dans les transports en commun de la MEL (métro, bus inter région).

L’émergence du statut de l'étudiant en exil

Depuis 2018, nous demandons la création d’un statut de l'étudiant en exil dont nous avons dessiné les contours politiques et juridiques dans nos débats. Grâce aux témoignages, dans les cours, au travers de diffusions de tracts, dans la presse et lors de réunions publiques, la réalité de la situation des étudiants en exil sur les campus lillois s’est peu à peu faite jour. Le 7 février 2019, devant le CA de l’Université, deux étudiants exilé.es du Collectif, ont porté une motion demandant la création d’un statut de l’étudiant en exil. Ils y ont pris la parole pour expliciter les intentions et la politique du Collectif Galois, expliquant que ce statut devait couvrir toutes les situations : réfugiés, demandeurs d'asile, déboutés, dublinés, protections subsidiaires, vie privée vie familiale, en réalité tous exilés… de sorte à ne surtout pas exclure les plus exposés mais tout au contraire les protéger. Il s'agissait de tenir à la fois sur le fait qu'ils sont “étudiants” ET “en exil” quoi qu'en aient jugé les institutions : OFPRA, CNDA, Préfecture, ETAT.

Suite à une importante mobilisation politique de la communauté universitaire - notamment les doyens de plusieurs facultés et l’ensemble des syndicats personnels et étudiants représentés à l’Université de Lille - et un dialogue serré avec la Présidence de l’Université, le vote de cette motion a eu lieu, à l’unanimité du CA. Mais ce statut n'a malheureusement pas été porté par l'Université de Lille aux autres Universités pour en faire un enjeu national.

Nous savons que sans la poursuite de cette mobilisation, ce statut et la politique qu’il appelle de ses vœux ne verront pas le jour. Nous savons que la situation de ces étudiants n'est pas isolée. Dans d'autres Universités en France, la situation est la même.

Dans l’idée du Collectif, ce statut doit protéger, TOUS les étudiants en exil. C’est-à-dire tous les étudiant.e.s qui vivent en France et y ont commencé des études car ils/elles ont été forcé.e.s par des circonstances qui mettaient leur vie en danger, de quitter leur pays d’origine et ne pourront pas rentrer chez eux. Nous voulons que l’État reconnaisse qu’ils/elles sont bien en exil et qu’ils/elles sont bien étudiant.e.s, et ce, qu’ils soient demandeurs d'asile, réfugiés, bénéficiaires du statut de protection subsidiaire, déboutés, dublinés ou qu’ils aient obtenu un statut « Vie privée et familiale ».

Il s’agit de faire reconnaître que, quelles qu’aient été les décisions l’OFPRA et de la CNDA, ces personnes sont en France pour y vivre et y demeurer, elles y étudient et ont entrepris d’y reconstruire leurs vies interrompues et il n’est pas possible de les criminaliser en les laissant sans papiers, sans ressources, sans autorisations de travail et au risque permanent d’une expulsion vers des pays où leur vie est en danger. Faute de pouvoir rentrer sans risquer leur vie dans leur pays, une fois diplômées de l’Université ces personnes doivent obtenir/ - ou se voir renouveler - des papiers pour pouvoir poursuivre leur vie en France. Il faut régulariser tous les étudiants en exil et plus largement toutes les personnes sans papiers créées par le déni de l’asile et le refus de l’accueil des personnes étrangères par la France.

description_du_collectif.txt · Dernière modification: 2020/07/15 14:54 par judith